l'Inde: géant, mais toujours pauvre
Après la Chine, l'Inde est souvent présentée comme le prochain géant qui, grâce à une croissance rapide, va sortir du sous- développement. Pourtant...
Selon un rapport remis au gouvernement indien en septembre dernier, on dénombre toujours plus de quatre pauvres sur dix dans les zones rurales du pays.Tandis qu'en ville, plus du quart de la population est pauvre également. La situation s'est cependant un peu améliorée ces dernières années: la pauvreté aurait en effet baissé de 50% en 1993-1994 à 42% en 2004-2005 dans les zones rurales et de 31% à 26% dans les villes.
Le niveau de pauvreté relevé dans ce rapport est très supérieur aux dernières estimations connues qui remontaient à 2004-2005: elles chiffraient alors le taux de pauvreté à 28% dans les zones rurales. Cette hausse résulte d'un changement de normes dans la définition de la pauvreté, trop restrictive à l'époque.
Quoi qu'il en soit ces chiffres rappellent l'ampleur du défi auquel le pays reste confronté. S'il existe bien une classe moyenne montante et des entrepreneurs indiens dynamiques, notamment dans les services informatiques, le sous-continent reste classé à la 128e place sur 177 selon l'indice de développement humain (IDH) des Nations unies. Une réalité qui n'avait pas échappé à ceux qui ont vu Slumdog millionnaire...
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Perspectives économiques en Afrique (PEA) 2008/09
Après cinq années de croissance économique supérieure à 5 pour cent, le continent ne peut tabler que sur un taux de croissance de 2.8 pour cent en 2009, soit plus de deux fois moins que les 5.7 pour cent espérés avant la survenue de la crise. Cependant, les auteurs anticipent un rebondissement de la croissance à 4.5 pour cent en 2010. Dans les pays exportateurs de pétrole, elle devrait s’établir à 2.4 pour cent en 2009, contre 3.3 pour cent pour les pays importateurs nets de pétrole.
L’effondrement du cours des matières premières et la forte baisse de la demande provenant des pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) auront un effet négatif sur l’équilibre budgétaire des pays d’Afrique, les prévisions de déficit budgétaire de la région pour 2009 s’établissant à près de 5.5 pour cent du PIB, alors que l’édition des PEA de l’an dernier prévoyait un excédent de 3.4 pour cent. Les investissements directs étrangers (IDE) ont baissé de près de 10 pour cent en 2008. Les auteurs de l’édition 2009 estiment que si l’aide officielle au développement a progressé en 2008, on peut craindre une baisse des budgets d’aide des donneurs du fait de la crise économique actuelle.
Pour l’essentiel, au cours des années 70 et 80, la croissance de l’Afrique a été limitée par des facteurs internes que les réformes de ces dernières décennies ont tenté d’améliorer. Grâce à ces mesures et à un environnement externe favorable, l’Afrique a pu jouir de cinq années de croissance supérieure à 5 pour cent. La crise financière s’est transformée en crise économique et est venue éroder les acquis des réformes.
Compte tenu des projections de croissance de 2.8 pour cent et de la tendance baissière constatée, de nombreuses personnes vont retomber dans la pauvreté. C’est un revirement sur lequel les Africains n’ont aucune prise et qui risque de perdurer. Grâce à une nouvelle méthode, les PEA soulignent que seule une poignée de pays du continent est en position de réduire de moitié la part de la population vivant avec moins d’un dollar par jour d’ici à 2015.
Cependant, comme le déclare Louis Kasekende, économiste en chef de la BAfD, « il ne faut pas désespérer. La décennie de réforme a permis de rendre la gestion macro-économique plus efficace et d’accroître la compétitivité des économies africaines. Les pays doivent donc renoncer à mettre en oeuvre des politiques qui restreindraient l’intégration du continent à l’environnement commercial et financier mondial ».
Plus positif, l’édition 2009 montre que l’Afrique est en meilleur position pour affronter la crise aujourd’hui qu’il y a dix ans. De nombreux pays ont entrepris des réformes économiques prudentes au cours des dernières années, ce qui a permis de renforcer l’équilibre fiscal et de ramener l’inflation en deçà de 10 %. Nombre d’économies ont aussi bénéficié d’un allègement considérable de leur dette, ce qui explique que la faiblesse du ratio service de la dette/exportations dans la plupart des pays.
Javier Santiso, Directeur et économiste en chef spécialiste du développement humain du Centre de
développement de l’OCDE, souligne que « les marchés émergents d’Asie et d’Amérique latine constituent des partenaires de plus en plus importants en termes d’échanges et de développement, ce qui limite aussi la vulnérabilité du continent à la performance économique des pays de l’OCDE ».
Les PEA 2009 se tournent spécialement vers les innovations en matière de technologies de l’information et de la communication (TIC). Ses auteurs concluent que, malgré un faible taux de pénétration de ces technologies, les applications innovantes se sont étendues à divers domaines, tels que la banque en ligne, les paiements électroniques, l’agriculture électronique, le commerce en ligne, l’administration en ligne et l’éducation à distance. Nombre de ces nouveaux outils favorisent l’amélioration de l’environnement des affaires en contribuant au développement des marchés, en réduisant les coûts et en permettant de surmonter les contraintes traditionnelles en matière d’infrastructures.
Javier Santiso a ajouté que « cette exploitation des TIC par les entreprises montre que les pays africains peuvent stimuler la croissance en se basant sur une hausse des investissements intérieurs et de la consommation, réduisant ainsi, par voie de conséquence, l’impact des chocs et crises exogènes ».
L’édition annuelle des PEA est publiée conjointement par la BAfD, le Centre de développement de l’OCDE et la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique, avec le soutien de la Commission européenne.
Aperçus par région
En Afrique australe, la croissance économique s’établit à 5.2 pour cent en 2008, en baisse par rapport aux 7 pour cent constatés en 2007. Elle devrait ralentir considérablement en 2009 pour atteindre 0.2 pour cent, avant de se rétablir à 4.6 pour cent en 2010. En Afrique du Sud, la croissance devrait chuter à 1.1 pour cent du fait de l’impact de la crise économique mondiale sur la demande des minéraux exportés, aggravée par une contraction de la consommation et de l’investissement privés. En Angola, l’économie devrait se contracter de 7.2 pour cent en 2009, sur la base de l’hypothèse d’une réduction des quotas de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) qui se traduira par une diminution de la production. En 2008, le Malawi et Madagascar ont bénéficié d’une forte croissance de leur agriculture, et d’investissements importants dans le secteur minier pour ce qui concerne Madagascar.
La croissance moyenne du PIB en Afrique du Nord devrait s’apprécier légèrement, passant de 5.3 à 5.8 pour cent en 2008. Elle devrait ensuite accuser un fort ralentissement, à 3.3 pour cent, avant d’atteindre 4.1 pour cent en 2010.
Tous les pays d’Afrique du Nord enregistreront une faible croissance en 2009, du fait de la baisse de la production de pétrole et des rentrées touristiques. Le Maroc et la Tunisie ont une production et des exportations plus diversifiées, ce qui les rend moins vulnérables à la réduction de la demande provoquée par la crise. Leur croissance restera cependant modérée.
La croissance du PIB en volume des économies d’Afrique de l’Ouest devrait ralentir pour atteindre 4.2 pour cent en 2009, contre 5.4 pour cent en 2008 et 2007. Elle devrait ensuite se renforcer pour atteindre 4.6 pour cent en 2010. Les prévisions pour 2009 indiquent une baisse du taux de croissance du Nigeria à 4 pour cent, du fait de la baisse des quotas de production de l’OPEP et d’un déclin des investissements.
La plupart des autres pays de la région devraient également voir la croissance des investissements publics et privés ralentir et les prix de matières premières baisser. Les envois de sommes d’argent par les émigrés devraient également diminuer. Toutefois, le Liberia et la Sierra Leone devraient continuer d’afficher des taux de croissance élevés dans la mesure où la production se rétablit après des années de conflit.
En 2008, la croissance moyenne du PIB des sept pays d’Afrique centrale s’est établie à 5 pour cent, contre 4 pour cent en 2007. En 2009, la croissance du PIB devrait baisser fortement, à 2.8 pour cent, avant d’atteindre 3.6 pour cent en 2010. La réduction de la demande de pétrole et de minéraux va affecter la croissance des pays riches en ressources naturelles.
D’après les estimations, le taux de croissance moyen des pays d’Afrique s’établit à 7.3 pour cent pour 2008, contre 8.8 pour cent en 2007. La région devrait voir ses performances décroître pour atteindre 5.5 pour cent en 2009 et stagner à ce niveau en 2010. L’Éthiopie, le Rwanda, le Soudan, la Tanzanie et l’Ouganda, qui ont enregistré la plus forte croissance en Afrique de l’Est, devraient préserver un taux de croissance relativement élevé en 2009 et 2010, car leurs exportations agricoles et horticoles – d’ampleur considérable – sont moins sensibles aux effets de la crise. Le Burundi, les Comores et les Seychelles devraient continuer de stagner.
Les deux derniers vont voir leurs recettes touristiques baisser du fait de la récession mondiale et de l’agitation, dans le cas des Comores. A Djibouti, la croissance s’est élevée à 5.9 pour cent en 2008 et devrait progresser en 2009 et 2010 pour atteindre près de 6.6 pour cent. Le Kenya devrait afficher un forte croissance en 2009 (5 pour cent), du fait de la reprise de la demande intérieure après la forte baisse de 2008.
Vous pouvez consulter le rapport sur le site: http://www.africaneconomicoutlook.org/
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Taux de chômage harmonisés de l'OCDE
OECD - Le taux de chômage dans la zone OCDE était de 7.3% en février 2009, supérieur de 0.3 point de pourcentage à celui du mois précédent et supérieur de 1.7 points de pourcentage à celui de l'année précédente.
Dans la Zone euro, le taux de chômage était de 8.5% en février 2009, supérieur de 0.2 point de pourcentage à celui du mois précédent et supérieur de 1.3 points de pourcentage à celui de l'année précédente. Le taux de chômage aux États-Unis en mars 2009 était de 8.5%, supérieur de 0.4 point de pourcentage à celui du mois précédent et supérieur de 3.5 points de pourcentage à celui de l'année précédente. Au Japon, le taux était de 4.4% en février 2009, supérieur de 0.3 point de pourcentage à celui du mois précédent et supérieur de 0.5 point de pourcentage à celui de février 2008. etc.
Version complète du communiqué (pdf)
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Espoir de reprise en Asie
La Chine et les autres pays émergents asiatiques pourraient redémarrer avant les pays occidentaux grâce à la baisse des prix des matières premières et à des plans de relance conséquents.
L'Asie, que l'on croyait un temps autonome, a été fortement touchée par la crise. Ses marchés d'actions ont baissé de 66% sur un an. Cependant, l'optimisme des investisseurs revient peu à peu. Depuis la mi-2008, les performances des marchés asiatiques sont supérieures à celles des autres pays émergents.
Première explication de ce phénomène : la baisse spectaculaire du prix des matières premières. Grâce à elle, les termes de l'échange, c'est à dire le rapport entre le prix des exportations et celui des importations, s'améliorent. En Chine, les entreprises peuvent ainsi commencer à reconstituer leurs marges. L'Empire du Milieu n'est pas le seul à en profiter. En Thaïlande, où les prix de l'énergie sont subventionnés, le reflux des cours du pétrole est une véritable bénédiction.
Autre bonne nouvelle, qui entretient les espoirs des investisseurs : les plans de relance mis en oeuvre dans l'ensemble de la région. La Corée, la Thaïlande, Hong Kong et Taiwan y ont dépensé entre 3 et 4% de leur PIB. La Chine de son côté, a dépensé 580 milliards de dollars, soit plus de 12% de son PIB pour relancer l'activité.
Ces mesures commencent déjà à produire leurs effets : en Chine, les investissements en capital fixe, les immatriculations d'automobile, ainsi que la production industrielle ré-accélèrent.Grâce à la baisse des taxes mise en place par le gouvernement, 9 millions de véhicules légers pourraient être vendus cette année, selon les prévisions des experts de Pictet. C'est plus qu'aux Etats-Unis.
Le crédit bancaire, en tout cas, affiche déjà une hausse de 41% sur un an ! Entre novembre et février, les banques chinoises ont prêté autant que lors des dix premiers mois de 2008. C'est l'avantage d'un système nationalisé : en temps de crise, le gouvernement peut ordonner aux banques de prêter davantage. Certes, l'épargne des ménages est encore trop élevée. Les stocks de logements invendus aussi. Cependant l'économie chinoise a peut-être touché le fond au quatrième trimestre 2008. C'est à dire quelques mois avant les Etats-Unis et l'Europe.
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Un emballement de l'inflation est-il inévitable?
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Krach immobilier, crise économique - analyse de l'economiste : Erik IZRAELEWIC
Il y a urgence. Cette crise immobilière américaine a déjà contaminé la finance. Le risque, c’est qu’elle affecte maintenant la production, qu’après avoir touché les guichetiers des banques allemandes ou britanniques, elle n’ait maintenant des conséquences sur les informaticiens ou les ouvriers français. Alors, on l’a vu, la chute des prix du mètre carré aux Etats-Unis a déjà rendu là-bas de nombreux ménages insolvables. Elle a provoqué la faillite d’établissements financiers spécialisés, là-bas d’abord, ailleurs ensuite. Elle a mis en difficulté quelques grandes banques internationales. Plus personne ne veut prendre de risque, plus personne ne veut prêter de l’argent. Bref, ce krach immobilier a conduit à un gel des circuits financiers qui rend d’ores et déjà plus difficile le financement de la production. Face à cela, les banques centrales, américaine, européenne et ce week-end britannique, ont injecté massivement des liquidités. Pas pour sauver les spéculateurs mais pour permettre à l’économie de tourner. Si elles ne l’avaient pas fait, c’était l’étouffement assuré de l’activité, le voie directe vers une vaste récession mondiale.
Quelques industriels commencent quand même à ressentir les conséquences de ce krach immobilier. Jusqu’à présent, les industriels étaient restés sereins. Cette crise immobilière, c’était, pour eux, une affaire de financiers ; elle ne les concernait pas. Erreur. Certains commencent maintenant à en ressentir les effets. Ils ont d’abord, de manière générale plus de mal à trouver de l’argent pour financer leurs projets. Ils sont aussi, maintenant, directement affectés dans leurs carnets de commande. Exemple : l’immobilier américain s’effondre. C’est une chute de la construction, des achats de systèmes électriques donc. Cela ne peut pas ne pas avoir d’effet sur un groupe comme le français Schneider Electric, le leader mondial dans ce domaine. Il réalise aux Etats-Unis le tiers de ses ventes. La finance traverse une passe difficile. Elle est un gros client des SSII, des sociétés de services informatiques. Elles va y ralentir ses investissements. Une décision qui finira par affecter, tôt ou tard, les SSII du monde entier, le français Capgemini comme les autres. Bref, pour éviter que la crise immobilière ne débouche sur une récession mondiale, les banques centrales ont un rôle essentiel jouer. Un rôle inédit et difficile aussi. Ce n’est pas le moment de les déstabiliser. On pourra toujours les critiquer. Laissons-les d’abord éteindre l’incendie. On en reparlera, après.
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